1er décembre : Vies scolaires mortes !

La grève nationale des assistant.e.s d’éducation (AED) du 1er décembre s’annonce historique. Partout en France des collectifs déterminés se montent contre la précarité générale du métier, exacerbée dans le contexte tendu de l’épidémie. Les AED refusent d’être la police du masque, sacrifié.e.s en première ligne : #NousNeSommesPlusVosPions

  • 200 personnes au rassemblement des AED en grève

    200 personnes se sont retrouvées au rassemblement des AED. Une petite manif sauvage est partie pour finir nassée à l’angle de la rue de Bretagne et de la rue de Grenelle. Les AED ont pu sortir au compte goutte par petit groupe de 5/10 personnes.

De mémoire de prof et de pion, ça fait un moment qu’on n’a pas vu une mobilisation autonome des vies scolaires qui prend autant d’ampleur.

Les syndicats, CGT, SUD, SNES-FSU ont du se dépêcher d’embrayer à la suite de l’élan parti du bas.

Déjà à Marseille le 19 novembre la colère grondait fort lors d’une grève et manifestation qui a réuni de nombreux établissements de la ville. Le collectif AED 13 énervé.e.s dénonçait une situation explosive liée au COVID-19 qui « rend beaucoup plus pénible la mission des AED dans les établissements, en exposant les personnels à des risques de contamination élevés et à des conditions de travail anxiogènes ».

Poids des protocoles sanitaires, des mesures d’éloignement entre élèves, rappels incessant au port du masque, situations individuelles des élèves exacerbées par la crise... à bien des égards les AED se transforment en auxiliaires sanitaires en plus de la surveillance, de l’administratif, et des missions qui se rapprochent de celles de véritables éducateurs sociaux - sans formation ni compensation bien entendu.

Depuis la rentrée, les vies scolaires sont donc en en flux tendu, en sous-effectif, le poids de l’épidémie s’ajoutant à la précarité chronique du statut d’AED. Au SMIC horaire, souvent sur des contrats précaires et des temps partiels, les personnels de vie scolaire exigent notamment de meilleures conditions d’emploi et de formation, et l’octroi des primes REP et ZEP dans les lycées, qui sont sortis de la carte de l’éducation prioritaire depuis 2015 — et la prime COVID a laquelle ils n’ont pas eu droit bien qu’étant les plus au contact des élèves.

Le mouvement parti des lycées de Marseille a essaimé dans une quarantaine d’établissements des Bouches-du-Rhône, et gagne à présent la France entière. Dans toutes les régions, ça s’organise : Bretagne, Loire, Bourgogne, Rhône — une soixantaine de groupes facebook locaux sont constitués dans toutes les régions.

Au 27 novembre, plus de 200 vies scolaires avaient annoncé se mettre en grève, selon le comptage réalisé ici.

En Île-de-France, le collectif Vie scolaire en colère appelle a déserter les vies scolaires pour bloquer les bahuts et a manifester place Jacques Bainville (Métro Solférino) ce mardi 1er décembre.

Mots-clefs : grève | collèges | lycées | travail social | AED
Localisation : 7e arrondissement

À lire également...